Dans cet article, nous allons revenir sur l’utilisation de la vitamine C en cosmétique  car c’est un ingrédient incontournable avec une efficacité prouvée. Malheureusement ellle a aussi quelques inconvénients alors pour pallier à ces problèmes, les marques de cosmétiques vont alors utiliser des formes dérivés de la vitamine C. Le problème ? Toutes les formes dérivés de la vitamine C ne sont pas égales en terme d’éfficacité et vous pouvez très vite vous faire arnaquer. Avec cet article je vous propose de partir à la découverte des ces dérivés afin d’établir lequel est le plus effiace !

Les inconvénients de la vitamine C pure (INCI : ascrobic acid)

Comme je vous le disais dans mon article précédent à son sujet, la vitamine C a une activité antiâge en stimulant la production de collagène dans la peau, elle a également une activité antioxydante ce qui lui permet de nous protéger des effets néfastes des UV et pour finir elle permet également de diminuer les taches hyper pigmentées. Mais alors pourquoi pose-t-elle autant de problèmes aux formulateurs cosmétiques ? 

Premièrement, la vitamine C pénètre assez difficilement dans la peau. En effet c’est une vitamine hydrophile, c’est à dire qu’elle est soluble dans l’eau alors que la peau est composée d’une couche de lipides qui la rendent donc hydrophobe. La vitamine C a ainsi beaucoup de mal à pénètrer dans la peau.

Deuxièmement, la vitamine C n’est clairement pas stable du tout, elle se dégrade très facilement à la lumière et à la chaleur ainsi que dans l’eau ce qui complique énormément la formulation de produit cosmétique.

Troisièmement, comme elle passe difficilement la barrière cutanée elle est souvent utilisée à des hauts pourcentages et à des pH bas pour maximiser la quantité de vitamine C absorbée par la peau, mais en trop grande concentration, elle peut être trop irritante pour la peau. Les peaux sensibles ne supportent rarement les produits contenant 10 à 20% de vitamine C. Bien évidemment cela dépend de la formulation du produit…

Pour pallier à ses problèmes, il existe plusieurs techniques :

  • La première technique consiste à tout simplement faire une formule sans eau comme l’a fait la marque The Ordinary avec leurs deux produits à la vitamine C en suspension : 23% avec 2% d’acide hyaluronique ou 30%  dans des silicones. La formule aux silicones a uniquement été crée pour les personnes souhaitent avoir un sensoriel plus agréable lors de l’application mais d’après la marque celui-ce délivrerait moins de vitamine C par rapport à celui à 23% probablement dû au fait que la vitamine C est comme emprisonnée dans les silicones. 
  • La deuxième solution pour stabiliser la vitamine C est de baisser le pH du produit en dessous des 3,5 car à pH très acide, la vitamine C ne s’oxyde pas et elle pénètre beaucoup mieux dans la peau. C’est ce qu’a décidé de faire la marque skinceuticals avec leur sérum contenant 15% vitamine C qui est également associé à deux autres antioxydants pour booster son efficacité : vitamine E et acide férulique. Malheureusement un pH faible rend le produit forcément plus irritant pour la peau. Par ailleurs le sérum skinceuticals est à 148,00 €, donc je vous conseille plutôt de tester celui de Drunk Elephant qui utilise la même technique ou encore celui de Paula’s choice. 
  • Pour finir, il est également possible d’acheter la vitamine C en poudre que vous pouvez mixer avec vos sérums. Cela permet d’assurer que la vitamine C est « fraîche ». C’est ce qu’a décidé de faire The Ordinary ou encore Good molecules. Mais attention aux irritations avec ce genre de technique !!! Pour finir, il y a toujours la possibilité de l’encapsuler mais je n’ai pas trouvé de produit utilisant cette technique.

Généralement pour bénéficier de toutes les propriétés de la vitamine C il faut avoir au minimum 5 à 10% de vitamine C. De plus, sachez que son efficacité est proportionnelle avec son % jusqu’ à 20%. Autrement dit, un produit contenant plus de 20% de vitamine C ne sera pas plus efficace. Vous voyez qu’il n’est pas évident de formuler des produits à la vitamine C, ainsi il est difficle de trouver le produit à la vitamine C qui nous convient en terme d’effiacité, de sensorialité ou encore de prix… Alors il existe pour cela des dérivés de la vitamine C qui permettent de contourner ces obstacles, mais quand est-il de leur efficacité ?

Quels sont les dérivés de la vitamine c ? Lequel faut-il choisir ?

Pour étudier l’éfficacité d’un dérivé de la vitamine C, il faut s’assurer de plusieurs choses :

  • sa stabilité : est-ce qu’il est plus stbale que la vitamine C et donc plus facile à formuler ?
  • sa solubilité : est-ce qu’il est soluble dans l’eau comme la vitamine C ou au contraire soluble dans l’huile pour une meilleure pénétration dans la peau ?
  • sa conversion en vitamine C : est-ce qu’il se convertit bien en acide ascorbique dans la peau ? En effet, pour fonctionner les dérivés doivent être convertis en vitamine C
  • ses propriétés : est-ce qu’il permet d’augmenter la production de collagène dans la peau comme la vitamine C ? Est-ce qu’il protège contre le photovieillissement comme le fait la vitamine C avec son côté antioxydant ? Et est-ce qu’il permet de réduire les taches hyperpigmentées en jouant sur la production de mélanine ?

Puis vous devez analyser les résultats, est-ce que cela a été prouvé sur l’homme ou sur animal ? Un résultat positif d’une étude sur des animaux n’indique en rien que cela fonctionne sur l’homme. Vous devez également regarder si les études ont été faites ex vivoin vivo ou in vitro, bien évidemment les études in vivo ont beaucoup plus de poids que les études in vitro.

Pour rappel in vitro signifie sur des cultures en laboratoire, in vivo signifie sur un organisme vivant, et ex vivo signifie en dehors de l’organisme. 

Voilà les 6 dérivés de la vitamine C que vous retrouverez dans vos produits cosmétiques : 

Magnesium ascorbyl phosphate

  • stabilité : oui à pH>7
  • solubilité : eau
  • pénétration : oui mais faible (animal ex vivo)
  • conversion : Oui (in vitro)
  • photoprotection : Pas de données
  • collagène : Oui (in vitro mais < à l’acide ascorbique)
  • pigmentation : Oui (homme in vivo)

Sodium ascorbyl phosphate

  • stabilité : oui à pH>7
  • solubilité : eau
  • pénétration : oui mais faible (animal ex vivo)
  • conversion : Pas de données
  • photoprotection : Oui (homme in vivo < acide ascorbique)
  • collagène : Oui (in vitro < MAP)
  • pigmentation : Oui (Homme in vivo mais d’après le fournisseur)

Ascorbyl palmitate

  • stabilité : idem acide ascorbique
  • solubilité : huile
  • pénétration : oui mais dépendant de la formulation
  • conversion : Pas de données
  • photoprotection : Oui (animal in vivo)
  • collagène : Oui (in vitro)
  • pigmentation : Pas de données

Ascorbyl Tetra Isopalmitate

ou Tetrahexyldecyl palmitate

  • stabilité : oui à pH<5
  • solubilité : huile
  • pénétration : Oui (homme ex vivo >MAP mais d’après fournisseur)
  • conversion : Oui (in vitro)
  • photoprotection : Oui (in vitro)
  • collagène : Oui (in vitro mais d’après fournisseur)
  • pigmentation : Oui (Homme in vitro mais d’après fournisseur)

Ascorbyl glucoside

  • stabilité : Oui
  • solubilité : eau
  • pénétration : Oui (in vitro)
  • conversion : Oui (in vitro)
  • photoprotection : Oui (Homme in vivo < SAP)
  • collagène : Oui (in vitro)
  • pigmentation : Oui (in vitro)

3-0 ethyl ascorbate

  • stabilité : oui
  • solubilité : eau/huile
  • pénétration : Oui (in vitro>AG d’après fournisseur)
  • conversion : Oui (in vitro d’après fournisseur)
  • photoprotection : Oui (in vitro d’après fournisseur)
  • collagène : Oui (in vitro d’après fournisseur)
  • pigmentation : Oui (homme in vivo)

Si vous souhaitez avoir des recommendations de produits sur les dérivés de la vitamine C, je vous conseille de regarder ma vidéo youtube 🙂

Pour conclure…

C’est assez difficile en se basant uniquement avec les résultats scientifiques de choisir un ‘bon’ sérum à la vitamine C. La vitamine C pure reste le meilleur moyen d’avoir des résultats mais il faut également que vous preniez en compte votre routine globale. Par exemple si vous utilisez déjà des acides assez fréquemment, un produit à la vitamine C pure à pH bas peut être trop irritant pour votre peau, dans ce cas-là l’utilisation d’un dérivé est intéressante. De même si vous avez une peau sensible, il sera certainement plus facile de trouver un produit contenant un dérivé. De plus, étant donné que la vitamine C présente pas mal de contre indications avec d’autres ingrédients cosmétiques du fait de son potentiel irritant et de son pH bas, il est plus facile d’incorporer un dérivé dans sa routine. Mais il faut aussi réfléchir  aux propriétés qui vous interessent le plus. Par exemple si vous recherchez un antioxydant, je partirai sur le sodium ascorbyl phosphate ou l’ascorbyl glucoside, si vous recherchez un traitement contre l’hyperpigmentation je partirai sur le magnesium ascorbyl phosphate ou l’éthyl asocrbic acid, et enfin si vous souhaitez plus de fermeté là je choisirai plus en fonction de la galénique ds produits et du prix. Et bien évidemment si vous avez de l’acné j’essaierai dans ce cas là le sodium ascorbyl phosphate. 

J’espère vous avoir apporter des réponses avec cet article, regardez toujours la liste des ingrédients car les marques écriront toujours ‘vitamine C’ sans préciser que c’est un dérivé !

Maintenant il n’y a plus qu’à tester les différents produits présentés dans la vidéo youtube pour trouver celui qui vous convient le mieux 🙂

Vous pouvez également télécharger gratuitement les fiches récapitulatives des dérivés de la vitamine C pour les avoir sous la main. Cela vous permettra de décryper la liste des ingrédients de vos produits à la vitamine C rapidement et simplement et cela vous évitera de vous faire avoir.

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Bibliograpgie : 

  • 3-O-ethyl-l-ascorbic acid: Characterisation and investigation of single solvent systems for delivery to the skin, International Journal of Pharmaceutics: X, 2019
  • Stability, transdermal penetration, and cutaneous effects of ascorbic acid and its derivatives, Journal of Cosmetic Dermatology, 2012